Historique

Qui était Dumont d’Urville ?

En 1820, le navigateur et marin normand, né à Condé-sur-Noireau, Jules Sébastien César Dumont d’Urville (1790-1842) est jeune officier sur la gabarre du roi la Chevrette. Ce navire et la goélette l’Estafette font escale à Milo, île des Cyclades en mer Egée. Un élève de marine, Olivier Voutier, embarqué sur l’Estafette, découvre et dessine les trois morceaux d’une sculpture mise à jour par un paysan grec nommé Yorgos. La statue est identifiée comme Aphrodite, déesse de l’amour, nommée Vénus en latin. Dumont d’Urville se rend sur place. Impressionné par la beauté de la sculpture, il rédige une notice qu’il présente à l’ambassadeur de France à Constantinople, le marquis de Rivière. Celui-ci achète la statue et l’offre au roi de France Louis XVIII qui en fait don au Louvre. La mobilité de la silhouette due à la torsion du corps, le contraste entre le nu et le drapé, la noblesse et la gravité de la tête font de cette Vénus en marbre de Paros une des pièces les plus célèbres du musée du Louvre. Elle serait l’œuvre d’un artiste originaire de la Grèce d’Asie Mineure inspiré par le travail de sculpteurs du IV ème siècle et daterait de la période hellénistique, du II ème ou du Ier siècle avant J.-C. La copie présentée au lycée est un moulage de l’original réalisé en résine par les Ateliers du Louvre.

Les origines du lycée

La loi Guizot du 28 juin 1833 avait fait obligation de créer une Ecole Primaire supérieure dans chaque chef-lieu de département ou ville de plus de 6000 habitants. Mais ce ne fut qu’en 1886 que fut obtenue la confirmation de l’existence des Ecoles Primaires Supérieures (EPS) à sections professionnelles de cette loi.

Dans le Calvados, une E.P.S. fut d’abord créée et logée dans les bâtiments de l’Ecole Primaire Elémentaire de la rue Guilbert à Caen. Puis elle ouvrit ses portes sur le site d’une Ecole Privée de jeunes filles située 72 rue de Bayeux et l’inauguration de ses nouveaux bâtiments eut lieu en octobre 1903. Dès l’année suivante l’Ecole prend son essor, les ateliers s’équipent. On y prépare le Brevet Elémentaire, le Brevet d’Enseignement Supérieur et le Concours d’Entrée à l’Ecole Normale d’Instituteurs.

En 1909, sont créées des Sections d’Enseignement Professionnel, Commercial, puis Agricole qui vont fonctionner de pair avec les Sections Générales. Les ateliers sont réorganisés et modernisés avec l’aide de l’Etat et des Chambres de Commerce directement intéressées. L’internat s’installe dans de nouveaux bâtiments permettant ainsi de dégager des locaux, aussitôt transformés en nouvelles classes plus spacieuses comme la salle de dessin. L’E.P.S. est désormais prospère.

De 1925 à 1930, le succès de l’Etablissement s’accroît ; une Section spéciale est organisée en faveur de la préparation au Brevet Supérieur. Il règne dans cette Ecole une discipline très stricte ; pourtant on vient de très loin jusqu’au 72 rue de Bayeux. Il faut passer un difficile examen pour y être admis et on est content de s’y trouver. Le port de la casquette bleue à galon doré, surmonté de deux palmes, avec une visière en cuir verni est obligatoire pour les internes, les jours de sortie.

L’Ecole remplissait alors entièrement le rôle assigné aux E.P.S. : unir le souci d’une culture générale à l’apprentissage d’une profession, avec le gros avantage de ne spécialiser ni trop tôt, ni trop tard. L’instruction générale reçue par les élèves leur permettait de continuer des études plus complètes, s’ils songeaient à des examens supérieurs (Ecole nationale des Arts et Métiers, Institut Technique de Normandie...) ou bien, aidés par une sérieuse initiation professionnelle, de rendre les plus grands services immédiats à l’industrie, au commerce ou à l’administration en s’adaptant rapidement aux fonctions choisies et en dominant facilement leur travail. Les E.P.S. avaient été créées pour tirer des classes moyennes des éléments intelligents, actifs et énergiques. Le second cataclysme mondial allait leur porter atteinte. D’abord changea le nom de l’Etablissement qui devint Collège Moderne et Technique, son fonctionnement et ses buts restant les mêmes. Mais cette nouvelle dénomination allait préparer la fusion du Collège avec le Lycée Malherbe de Caen qui entra en application à la rentrée 1947.

Les Sections modernes passèrent au Lycée, le 72 de la rue de Bayeux continuant à abriter les Sections techniques. Cette situation ne pouvant perdurer et les Pouvoirs publics, se rendant compte de la nécessité de créer un groupe important d’Enseignement Technique, édifièrent, en 1954, un Collège Technique, avec Centre d’Apprentissage jumelé, sur un terrain de 11 hectares, au 130 de la rue de la Délivrande. Ce Collège Technique, transformé en Lycée Technique d’Etat, reçut le nom de Lycée P. S. de Laplace.

En 1990, la taille de l’établissement devenant trop importante, il fut partagé en deux : le Lycée Laplace et le Lycée Dumont d’Urville, ce dernier ouvrant sur la rue de Lebisey. On peut remarquer que l’organigramme présent du Lycée Dumont d’Urville rappelle celui de l’ancienne E.P.S.. La partition s’est accompagnée d’une rénovation et d’un agrandissement des locaux qui prennent leur aspect actuel avec la création d’un étage supplémentaire.

Juin 2003 voit cependant l’ouverture d’un nouveau bâtiment avec de nouveaux locaux pour la Vie Scolaire, une cafétéria pour les élèves, et une vaste salle de spectacles. Pendant ce temps, un Collège d’Enseignement Technique préparant aux carrières commerciales a occupé le site du 72 rue de Bayeux ; il a ensuite été transféré avenue du Maréchal de Lattre de Tassigny où il a pris le nom de Lycée Camille Claudel. Les anciens locaux du 72 rue de Bayeux abritent maintenant, après rénovation et agrandissement, le Lycée Charles de Gaulle.

Ces données historiques nous ont été communiquées par M. Joseph Cadre, ex Vice-Président de l’Association des Anciens et anciennes élèves et des Amis de l’Ecole Primaire Supérieure et des Lycées publics polyvalents, techniques et professionnels de Caen, association qui s’est dissoute en novembre 2003.